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07 05
2008
Par Aurélie dans Documentaire
Les Pintades, c’est le surnom - pied de nez pour désigner les femmes d’aujourd’hui, féminines et féministes, des femmes modernes qui revendiquent leur indépendance et le droit à la futilité. Quand on pense aux Cariocas, c’est comme ça qu’on appelle les habitantes de Rio, on a bien sûr plein de clichés qui viennent à l’esprit: la girl from Ipanema, les danseuses de Samba, les starlettes de telenovelas, ou encore les filles en bikini sur la plage de Copacabana. Mais évidemment, l’univers des femmes est plus complexe que cela. C’est la raison pour laquelle Laure Watrin et Layla Demay, les exploratrices des basses-cours du monde, ont choisi la Cidade Marivilhosa comme terrain d’observation de leur deuxième documentaire.
Rio est une ville de diversité. C’est également une ville où l’on fait le grand écart permanent entre riches et pauvres, entre blancs et noirs, entre résidences de grand luxe et favelas. Malgré les violentes inégalités, les pintades cariocas se retrouvent dans la samba, le football, l’épilation du bikini et les caipirinhas ! Et d’où qu’elle vienne, une Carioca aura les ongles manucurés, même pour aller voir un match de foot. Layla et Laure ont arpenté Rio, du Corcovado à Ipanema, des résidences chic de San Conrado aux bars de Lapa, des collines de Santa Teresa à la favela de Rocinha. Elles ont exploré les coulisses féminines de la ville, ne reculant devant aucun risque, pas même celui de se faire épiler le maillot pour être présentables sur la plage dans un micro-bikini brésilien. A travers de multiples rencontres, elles décodent les modes de vie, les us et coutumes des habitantes de Rio. À Rio, même les filles aiment le foot. Et pas simplement pour les pectoraux de Ronaldinho… Ici, le foot, c’est un sport, c’est une drogue, c’est une religion. Les pintades s’y adonnent avec autant de ferveur que les garçons. Au Maracana, elles mettent le feu. L’autre religion, c’est la samba. Selminha est la porte-drapeau de la prestigieuse école de Beija-Flor. Selminha est une star, mais une star très accessible, qui nous initie aux subtilités des pas de samba. Elle doit tout à son escola de samba, qui lui a permis de faire des études de droit et de sortir de la pauvreté. Encore une obsession brésilienne : les telenovelas. C’est une industrie qui donnerait des complexes à Hollywood. Camilla est la starlette qui monte, Bianca est la petite nouvelle qui essaie de percer. Leur terrain de jeu : les studios de la Globo, la plus grande chaîne nationale, l’empire de la sitcom. Chaque année, les Studios fabriquent des centaines d’heures de programmes, où l’amour et la passion ont le premier rôle. Camilla et Bianca dévoilent un peu des coulisses de la machine à faire rêver. Claudia et Leda vivent à Rocinha, la plus grande favela du Brésil. Elles ont quitté le Nordeste pour venir travailler à Rio quand elles avaient douze ans. Les deux sœurs sont bonnes. Claudia travaille dans une casa de familia, une maison bourgeoise. Elle s’occupe des enfants et du ménage. Dans une société ultra-paternaliste, les bonnes, les empregadas comme on les appelle, sont des figures incontournables de Rio, au service de la classe fortunée de la ville. Patricia est une pintade riquissima. Son appartement du quartier chic et cher d’Ipanema est la quintessence du luxe à la Brésilienne. Elle y vit avec son mari Fred et ses deux enfants. Quand elle ne joue pas au golf, elle est attachée de presse du célèbre Copacabana Palace où elle organise les événements mondains de la ville. Anna est mannequin. Elle a été exclue de son église baptiste, ciment social du quartier défavorisé dans lequel elle vit, pour avoir posé nue dans un magazine. A 22 ans, elle espère échapper à la violence de son ghetto grâce à sa carrière mais aussi grâce à un gringo, un Américain qu’elle a rencontré il y a plus de deux ans à Rio, qui vit aux Etats-Unis et qui a promis de l’épouser. Enfin, Laure et Layla ne seraient pas vraiment allées à Rio si elles ne nous parlaient pas du bum-bum. C’est le surnom donné au derrière, qui est sans doute la plus grande obsession des cariocas, hommes et femmes, jeunes et vieux, pauvres et riches confondus! Et quand le bum-bum a la mauvaise idée de ne pas répondre aux critères esthétiques très stricts de Rio, pas de problème, le professeur Pitanguy est là. Star de la chirurgie esthétique, il refait seins, nez et fesses dans sa clinique privée de Botafogo. Mais il opère aussi gratuitement dans son hôpital pour pauvres de Santa Casa, où il a inventé le concept de la chirurgie plastique compassionnelle. Retrouvez les bons plans des pintades cariocas, à commencer par leurs adresses de boutiques et de restaurants, sur (mettre le lien vers les nouveaux explos) et www.lespintades.com
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